Le 31 mars 2026 est entrée en vigueur la disposition temporaire dite « Loi pour l'encouragement de l'Alya et du retour en Israël » (2026), et en juillet 2026 l'Administration fiscale israélienne a publié la circulaire 07/2026 qui en précise l'application. Cette loi accorde une exonération d'impôt sur le revenu d'une ampleur sans précédent — jusqu'à 1 000 000 NIS par an — sur les revenus d'activité personnelle produits en Israël, au profit des nouveaux immigrants (olim hadashim) et des résidents de retour de longue date ayant transféré leur centre de vie en Israël entre le 5 novembre 2025 et le 31 décembre 2026. Cet article passe en revue en détail les conditions d'éligibilité, les plafonds d'exonération, les restrictions importantes et les modalités pratiques d'obtention de l'avantage.
La disposition temporaire a été adoptée dans le cadre de la loi d'efficacité économique pour 2026. Son objectif est d'encourager l'immigration en Israël ainsi que le retour des Israéliens installés à l'étranger depuis de longues années. Son instrument central : une exonération d'impôt sur les revenus d'activité personnelle — c'est-à-dire les revenus du travail salarié, d'une entreprise ou d'une profession libérale — produits en Israël.
Un point essentiel d’emblée : cet avantage s'ajoute en plus de tous les autres avantages prévus par le droit israélien pour les nouveaux immigrants et les résidents de retour de longue date — y compris la célèbre exonération de dix ans sur les revenus de source étrangère prévue aux articles 14 et 97(b) de l'Ordonnance de l'impôt sur le revenu. Autrement dit, un nouvel immigrant peut bénéficier simultanément de l'exonération existante sur ses revenus étrangers et de la nouvelle exonération sur ses revenus d'activité de source israélienne.
L'exonération est accordée à un « particulier bénéficiaire » — nouvel immigrant ou résident de retour de longue date devenu résident fiscal israélien entre le 5 novembre 2025 et le 31 décembre 2026 (la « période déterminante ») — sur ses revenus d'activité personnelle, pendant cinq années fiscales, selon les plafonds suivants :
| Année fiscale | Plafond annuel d'exonération |
|---|---|
| 2026 | 600 000 NIS* |
| 2027 | 1 000 000 NIS |
| 2028 | 1 000 000 NIS |
| 2029 | 350 000 NIS |
| 2030 | 150 000 NIS |
* Pour une personne devenue résidente israélienne en cours d'année 2026, le plafond de 2026 est calculé au prorata du nombre de jours entre la date d'arrivée et la fin de l'année.
Le revenu imposable excédant le plafond, ainsi que tout revenu qui ne provient pas d'une activité personnelle — intérêts, dividendes, loyers, plus-values — est imposé aux taux ordinaires prévus par l'Ordonnance.
Exemple tiré de la circulaire : un nouvel immigrant arrivé le 1er janvier 2026 ayant perçu 750 000 NIS de salaire pour un travail effectué en Israël et 100 000 NIS de loyers résidentiels bénéficiera d'une exonération sur 600 000 NIS de son salaire ; le solde du salaire (150 000 NIS) sera imposé selon le barème progressif ordinaire, et les loyers seront imposés séparément selon les régimes prévus par la loi.
Le particulier est devenu résident israélien entre le 5 novembre 2025 et le 31 décembre 2026, de l'une des deux manières suivantes :
Le critère du « centre de vie » s'apprécie au regard de l'ensemble des attaches : jours de présence en Israël, localisation du domicile permanent, lieu de résidence de la famille (conjoint et enfants), lieu des affaires et des intérêts économiques, activité sociale et appartenance à des organisations et institutions. L'inspecteur des impôts examinera si l'ensemble de ces attaches indique de manière manifeste un transfert du centre de vie en Israël pendant la période déterminante.
Le particulier doit être titulaire d'un visa ou d'un certificat d'immigrant (teoudat olé) au titre de la Loi du Retour (ou appartenir à une catégorie ayant droit au « panier d'intégration »), ou d'un certificat de résident de retour délivré par le ministère de l'Alya et de l'Intégration.
L'exonération ne s'applique qu'au « revenu éligible », qui doit remplir toutes les conditions suivantes :
Les bénéfices attribués à un particulier par une « entité transparente » — société de personnes (partnership), société familiale, société immobilière (« house company ») et similaires — ne constituent pas un revenu éligible. L'objectif de cette restriction est d’empêcher le transfert de bénéfices vers le particulier bénéficiaire par l'attribution de droits dans des entités transparentes. Elle comporte toutefois deux exceptions importantes :
En outre, les salaires, honoraires de gestion et honoraires de conseil perçus par le particulier de l'entité transparente ne sont pas exclus — ils peuvent bénéficier de l'exonération. Il a également été précisé que, aux seules fins de cette loi temporaire, une « société-portefeuille » (« wallet company », article 62A) n'est pas considérée comme une entité transparente.
Exemple tiré de la circulaire : un nouvel immigrant, associé actif d'une société de conseil dont il détient 5 % des droits — sa part des bénéfices (500 000 NIS) est intégralement exonérée, car il n'est pas actionnaire substantiel. En revanche, sa part des bénéfices d'une « house company » dont il détient 15 % n'ouvre pas droit à l'exonération.
Le revenu éligible perçu d'un « proche » (au sens de l'article 88 de l'Ordonnance — conjoint, parent, descendant, frère et sœur et leurs conjoints, ainsi que les entités dans lesquelles la personne ou son proche détient 25 % ou plus d'un moyen de contrôle, entre autres) n'ouvre droit qu'à une exonération limitée à 140 000 NIS par an (150 000 NIS en 2030).
Exemple tiré de la circulaire : un nouvel immigrant salarié d'une entreprise de construction dont son frère détient 50 %, avec un salaire annuel de 300 000 NIS, ne bénéficiera de l'exonération que sur 140 000 NIS ; le solde (160 000 NIS) sera imposé au barème progressif.
Le droit intégral à l'exonération est examiné et validé dans le cadre de la déclaration annuelle. La circulaire permet toutefois d'en bénéficier dès le cours de l'année :
Le plafond dans cette voie préliminaire est limité : jusqu'à 500 000 NIS par an pour une personne enregistrée comme tenue de déposer une déclaration annuelle, et jusqu'à 300 000 NIS pour une personne qui ne l'est pas. Celui dont le revenu éligible est supérieur réclamera le solde de l'exonération dans sa déclaration annuelle. Pour les personnes devenues résidentes en cours d'année 2026, ces plafonds sont également calculés au prorata (par exemple : une personne arrivée le 1er juillet 2026, non tenue de déposer une déclaration, aura un plafond proratisé d'environ 150 000 NIS).
Aux seules fins de la voie préliminaire, l'inspecteur des impôts apprécie le transfert du centre de vie sur la base des jours de présence en Israël du particulier et de son conjoint pendant les années 2016–2025 :
La demande est déposée au moyen d'un formulaire dédié — le formulaire 116ע (qui remplace le formulaire 116 ordinaire et en reprend l'intégralité du contenu), comportant des déclarations relatives à la date d'alya ou de retour, aux coordonnées du conjoint, au respect du critère des jours de présence, au transfert du centre de vie pendant la période déterminante, à l'intention de demeurer résident israélien jusqu'à la fin de l'année fiscale, au fait que le revenu n'est pas versé par un « proche » ni issu d'une entreprise reçue en donation, et à l'absence de perception d'allocations de la sécurité sociale israélienne (Bituah Leumi) entre 2016 et 2025. Doivent être joints :
Le particulier peut renoncer à l'exonération, en totalité ou en partie. Dans certaines situations (notamment pour des considérations de fiscalité internationale), une telle renonciation peut être avantageuse — et la loi laisse ce choix au contribuable.
Disposition originale, particulièrement importante pour les télétravailleurs et les entrepreneurs : lorsque le revenu de source israélienne d'une entité étrangère est produit en Israël uniquement en raison de l'activité personnelle du particulier bénéficiaire, l'entité étrangère est exonérée d'impôt israélien sur les bénéfices découlant de cette activité, pour les années 2026–2030 — même si cette activité crée un « établissement stable » en Israël au sens des conventions fiscales. L'exonération ne s'applique pas lorsque le particulier est actionnaire substantiel de l'entité étrangère, lorsque le non-résident aurait été imposable en Israël même sans l'activité du particulier, ni — dans le cas d'une entité étrangère transparente — à la part des détenteurs de droits résidents israéliens.
Le particulier bénéficiaire qui a profité de l'exonération mais qui cesse d'être résident israélien au cours de l'année 2028 ou 2029 et qui a séjourné en Israël moins de 75 jours durant l'une de ces années — verra l'exonération annulée rétroactivement, et l'impôt sur les revenus des années d'exonération sera recalculé sans l'avantage. En revanche, un départ temporaire d'Israël (même avec moins de 75 jours de présence cette année-là) sans rupture du centre de vie n'entraîne pas l'annulation de l'avantage.
L'avantage ne porte pas atteinte aux exonérations sur les revenus de source étrangère prévues aux articles 14 et 97 de l'Ordonnance. Lorsqu'un particulier perçoit un « revenu mixte » — produit en partie en Israël et en partie à l'étranger — la part attribuable à l'activité exercée à l'étranger est intégralement exonérée en vertu de l'article 14, et la part attribuable à l'activité exercée en Israël est exonérée en vertu de la loi temporaire, dans la limite du plafond annuel.
La loi temporaire ouvre une fenêtre d'opportunité considérable — mais limitée dans le temps — pour toute personne envisageant l'alya ou un retour en Israël : le transfert du centre de vie en Israël au plus tard le 31 décembre 2026 est une condition d'accès à l'avantage. Parallèlement à la générosité du dispositif, la circulaire instaure des mécanismes de contrôle rigoureux : un critère substantiel de centre de vie, un test détaillé des jours de présence pour la voie préliminaire, des restrictions relatives aux entités transparentes et aux revenus provenant de proches, et une clause d'annulation rétroactive. Une planification soignée de la date du déménagement, de la structure d’emploi et des modalités de perception des bénéfices peut avoir un impact décisif sur la valeur réelle de l'avantage.
Ce qui précède constitue une présentation générale de la circulaire fiscale 07/2026 et ne saurait constituer un conseil juridique ou fiscal, ni être invoqué comme tel. L'application de ces dispositions dépend des circonstances propres à chaque cas. Il est recommandé de solliciter un conseil professionnel personnalisé.
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